La séance d’installation de la deuxième Conférence régionale consultative de la culture (CRCC) a eu lieu jeudi 10 mai à l’Hôtel de Région à Nantes. Pendant deux ans, cette assemblée d’une centaine de représentants de tous les secteurs culturels (patrimoine, livre, spectacle vivant, cinéma et audiovisuel, arts visuels) et d’une cinquantaine de représentants des « institutionnels » (villes, départements, syndicats…) planchera sur la politique culturelle de la Région.
Les huit représentants du champ des Musiques Actuelles (*) se retrouvent dans la commission sectorielle « Spectacle vivant ». Au cours des deux années écoulées, cette commission a été par exemple à l’origine de l’extension à tout le secteur du spectacle vivant de l’Observation participative et partagée mise en oeuvre par le Pôle, de la modification du dispositif « Voisinages » ou, sur le plan administratif, de l’adoption de formulaires de demande d’aide au fonctionnement communs à trois conseils généraux (Mayenne, Sarthe et Loire-Atlantique) à la Région et à la Drac.
Et puis en deux ans, la commission « Spectacle vivant » a soulevé un tas de questions qui n’ont pas encore abouti à des mesures concrètes : Pour accompagner l’émergence, comment permettre l’expérimentation en dehors de la structuration ? Quels outils pour la production (prod déléguée, bureaux de prod, mutualisation, collectifs…) ? Quelle place pour l’accompagnement des publics et des amateurs ? Faut-il un acteur (Pôle régional) pour coordonner, relier, conseiller les acteurs du spectacle vivant ? Comment maintenir la diversité artistique et la prise de risque dans le contexte actuel ? …
Les membres de la commission ont deux ans (c’est la durée du mandat à la CRCC) pour s’emparer de ces questions… ou leur substituer d’autres thèmes qui leur paraîtront sinon plus pertinents, du moins nécessiter d’être traités en priorité.
Prochain rendez-vous à la rentrée (**). A la rentrée se réuniront également les « commissions transversales » dans lesquelles se mélangent les représentants de tous les secteurs culturels.
Les huit des Musiques actuelles se répartiront donc entre les commissions « Economie/emploi », « Observation », « Relations aux territoires et aux publics », « Emergences artistiques ».
Compte-rendu : Thierry Mallevaës
(*) Ils ont été désignés lors des Rendez-vous du Pôle d'Angers (Nov 2011) : François Delaunay (Le Chabada), Ludovic Jouet (L’Igloo), Thierry Mallevaës (Label Yolk), Yann Frémeaux (Magnéto - MJC Ronceray), Boris Sitin (Le Bar du Coin), Thierry Heuvelin (Art sonic - Montaigu), Vianney Marzin (Le Pôle), Charlotte Prévot (CSC Château - MJC Barakason)
(**) La CRCC vit au rythme annuel d’une ou deux assemblées pleinières, trois à quatre réunions de commissions sectorielles et trois à quatre commissions transversales.
__________
Entre arbitraire et corporatisme
Article de Thierry Mallevaës sur la conférence de E. Négrier
Genèse de la conférence régionale consultative de la culture, objectifs, bilan de la première assemblée avec ses points positifs (par exemple le fonds d’aide à l’emploi pour les cafés culture ou la création d’une association de libraires), ses difficultés (pas évident de débattre quand on n’a pas un minimum de repères partagés, de langage commun), ses manques (la question des publics qui n’a pas été abordée) : après les passages obligés d’une séance d’ouverture, la parole a été donnée à Emmanuel Négrier, politologue, directeur de recherche CNRS à Montpellier.
« Dans le domaine culturel, on doit défendre la coopération ouverte a plaidé Emmanuel Négrier. Une décision culturelle est toujours contestable, toujours de l’ordre de l’arbitraire maîtrisé. Quand il y a intervention unilatérale d’un pouvoir vis-à-vis d’un artiste, on risque l’arbitraire. Mais si la décision revient à l’artiste, on risque la dérive corporatiste, le privilège de ceux qui font partie des réseaux, des chapelles. »
Arbitraire, corporatisme : deux écueils qui peuvent être évités par ce qu’Emmanuel Négrier appelle l’ « auto-évaluation pluraliste ».
Auto-évaluation en opposition au jugement confié à un spécialiste extérieur. Pluraliste parce qu’une action culturelle ne peut pas être analysée sur un seul critère. Prenons un festival. Sa réussite, explique Emmanuel Négrier, peut être évaluée sous l’angle de la fréquentation (nombre d’entrées), du nombre de compagnies régionales programmées, de ses retombées économiques, du retentissement qu’il produit, du renouvellement des publics…
Dans une action, une politique culturelle, « les motivations à coopérer sont différentes ». Ces motivations, les différents acteurs ont sans doute intérêt à ne pas trop se les cacher au départ. Pour limiter les risques de déconvenues en cours de route et de clash à l’heure des bilans.
Thierry Mallevaës
__________
Télécharger ici le discours d'ouverture d'Alain Gralepois
___________